Comble d'or

14 juillet 2012

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26 juin 2012

Je me suis exécuté pour n'avoir pas l'air d'un dégonflé.Qu'aurait pensé Salem de ma lâcheté?Je me

suis dirigé vers le grand marché où on m'avait dit qu'il y aurait foule.En faisant "dring,dring" comme

pour écarter les passants,tout s'est passé exactement comme on me l'avait dit.Ce fut le grand

"plouf";sans même que je sente la petite fraîcheur sur la nuque,l'argument de vente du  docteur

Guuillotin,un de mes rares souvenirs de la Révolution française.Anéanti par la trouille et pour une

fois le cul bien serré,j'ai fait ce qu'on m'avait demandé.

Hélas,au Paradis d'Allah  je n'ai pas trouvé de dégoutantes filles amoureuses  nageant vers moi

comme des méduses dans un lac de lait sucré au miel.C'est un grand vide sidéral qui m'a accueilli..

En consultant Google interstellaire j'ai appris que j'avais tué cinquante pères de famille afghans

qui faisaient  leurs courses et onze  soldats italiens de l'Otan qui se préparaient à rentrer dans

leurs foyers.Mon bonheur d'avoir donné satisfaction à Salem était terni par la  honte  d'avoir

causé tant de souffrances. en confondant .

Que mon exemple serve à  quelque chose!Que je sois le  dernier  des jeunes de banlieues à

partir pour le Djihad en confondant,comme je l'ai fait,l'amour d'Allah  avec la passion pour  un

bel émir!C'est pour  ça que je vous envoie par Canalblog ces pages qui racontent l'histoire

du jeune Babib;dit Bibi.Il aurait mieux fait de rester le bien-aimé de ses parents plutôt que de

mourir à dix septans en  martyr de l'Islam.Pour seule récompense sa photo  leur a été envoyée

avec des louanges;ainsi  qu'à lamédersa où elle fut affichée,sans mentionner qu'il était mort,non

du sida,mais d'un  amour un peu spécial pour un jeune émir,Salem, dont lenom,en gauloid,

peut se traduire par  "la  paix",ce qui fait ,avouez-le,un peu bizarre  vu les circonstances.

 

 

 

 

 

 

 

.

Mais pourquoi   regretter quelque chose?N'était ce pas "mektoub",c'est-à-dire écrit dans les

cieux?C'est Bibi,c'est-à-dire moi-même,qui vous le dis.

Posté par HenriVray à 19:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Je sentis mon coeur battre comme une darbouka entre les doigts d'un gnaouïa.Je frissonnais de

tout mon être comme si j'avais froid.Brusquement nos bouches se joignirent et nous avons arraché

nos vêtements.C'est alors qu'il me retourna comme une crèpe son bras puissant,puis me  pénétra

d'abord trés doucement puis trés vigoureusement.Tout le reste suivit,que ma pudeur presque fémi-

nine m'empêche de raconter,pour peu que je m'en souvienne car j'étais dans les  vap's.Nous étions

allongés sur  le dos comme des soldats morts aprés la bataille ou des frères siamois,lorsque,dans

un sourire,les  yeux battus,il me dit comme pour m'allècher:"Tu verras,le Paradis,c'est encore 

mieux!".C'est alors qu'il m'a confié ce qu'il ne m'avait jamais dit.Malgré sajeunesse il était un émir

de la Base.Al Qaida,aprés des cours accélérés de langues;l'avait envoyé en Europe pour  

re cruter ,surtout en  Grande-Bretagne et en France,là où il y avait beaucoup d'enfants d'immi-

grés qui peuplaient les banlieues des jeunes  qui seraient prêts à partir pour l'Afghanistan  et

donner un coup demain aux talibans.

Un mois  s'écoula sans mettre le nez dehors,sauf pour acheter des surgelés;à faire l'amour

comme des dieux;à réciter le Coran entre deux étreintes.Je sentais monter en  moi,plus vif

chaque jour,mon amour pour Salem qui se confondait avec l'amour  d'Allah.Comme chez les

chrétiens,Salem devenaitmon Dieu incarné,mon Dieu vivant.Je cherchais sans cesse,comme

une bête,le contact de son corps d'athlète où se dessinaient des muscles fins d'aristo.Je buvais

sa parole douce alternant avec des mots de feu.Un  jour,aprés une séance particulièrement

mouvementée,il me dit sur le ton de la confidence:"Sais-tu d'où vient magrande forme?C'est de

l'entraînement que j'ai suivi dans les zones tribalesdu Pakistan,là où les talibans sontl  les

maîtres,dansun camp de guerriers du Djihad.J'y ai tout appris:les marches forcées dans des

déserts de pierres,le close-combat,le maniement des armes et même comment égorger  sans

bruit un mécréant en lui tranchant la nuit la carotide pour lui faire le "sourire kabyle",comme le

faisaient au tempsde ton père  les glorieux fellagas avec ces  salauds de harkis.Mais on m'a

interdit de faire le kamikaze parce que je suis trop intellligent pour mourir dans un attentat-suicide

et plus doué pour le  recrutement et la propagande que pour l'action directe.Ce n'est pas ton

cas,mais tu as le  choix entre  croupir dans ta banlieue sinistre et mourir  pour la gloire d'Allah".

Ce "choix" me rappelait mon père l'épicier,mais cette fois il ne s'agissait pas de pommes  ni de

tomates.Il fut fait dans l'heure et je le dis  à  Salem.Il m'embrassa et  et m'informa qu'avant le

sacrifice suprême il fallait que je fasse un petit stage dans une médersa pour  affermir un peu

plus ma foi.

La semaine d'aprés,acompagné jusqu'aucar par mon cher Salem,je me suis embarqué pour le

Pakistan,déguisé en touriste et le portefeuille  bourré de dollars,avec pour  terminus Islamabad

.où se rendaient aussi d'autres jeunes  de banlieue et même Alain,alias Mansour,un abruti de

catho converti. depuis peu.Pendant tout le voyage j'ai embrassé sur mon I-pad le visage de mon

beau,de mon cher Salem,comme une précieuse amulette qui m'aiderait  à supporter ce qui

m'attendait;à masquer un peu l'odeur forte de mes compagnons.A la médersa,un bâtiment

délabré où iln'y avait pas de corvée de ménage,je ne me suis pas mêlé à la  bande de morveux

qui récitaient le Coran en faisant un boucan pas possible,en se balançant comme  les juifs au

mur des lamentations.Dés que le directeur m'a juge assez instruit et mûr  pour le  Djihad j'ai été

embarqué dans un vieux camion réservé à cet usage,avec d'autres qui avaient l'air encore

plus cons que moi.Arrivé àKaboul,j'ai  été  pris en  charge par des talibans ,tous barbus,aux

allures de bêtes  féroces,des étudiants qui n'avaient rien à apprendre du mode d'emploi de la

kalachnikov.En quelques mots trés simples qui avaient l'air de  sortir du manuel du soldat de

la Kapissa,on m'expliqua ce qu'onattendait de moi:tuer le plus de monde  possible avec une seule

charge d'explosif,car  il fallait l'économiser.La seule chose qui fit débat dans une assemblée de

chefs dontune tarte épaisse ornait la tête fut le mode d'emploi.Cerains voulaient que je  la cache

dans le béret afghan,mais elle était trop  grosse et ça risquait d'éveiller les soupçons.Aprés  un

comptage trés démocratique des voix,une majorité se dégagea pour que je la  fixe avec un fil

élecrique au cadre   d'un vieux vélo qui paraîtrait inoffensif,en reliant le détonateur à la  sonnette

j

Posté par HenriVray à 18:44 - Commentaires [0] - Permalien [#]

mosquée la plus proche.Enfin,comme je m'étonnais de l'absence de meubles que remplaçaient des

nattes tissées à  l'or fin et des Kairouans somptueux faits main,il me répondit que le  mobilier est le

symbole de l'attachement de l'homme aux biens terrestres,alors que l'Islam exige qu'il s'en détache,

comme l'ont bien compris les bédouins sous leur tente ainsi que Khadafi.Enfin,je n'ai  pas osé le

contredire lorsqu'il ajouta bi

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Posté par HenriVray à 09:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]

25 juin 2012

 

vvPuis il cessa de parler  pour fixer l'horizon,comme s'il était fatigué ou habité par son démon.Puis

il reprit son prêchi-prêcha dans  son arabe trés pur,presque littéraire,trés lointain de mon sabir

franco-arabe,pour me dire avec ferveur:"Sais-tu où va le bon musulman qui meurt au Djihad?Au

Paradis d'Allah où il pourra choisir pour chacune de ses nuits quelques unes des onze mille

vierges qui l'attendent,ardentes et consentantes;où coulent des fleuves de lait et des ruisseauJe

de miel;où Mohamed est monté par une nuit de pleine lune qui éclairait les nues,monté sur son

cheval  blanc.Rappelle-toi le onze septembre,ce  jour béni pour l'éternité,cet exemple que nous

ont donné des vrais croyants qui se sont sacrifiés pour nous tous.Je  ne me sentais pas trop

concerné  par ces trés belles paroles.Les femmes n'étant pas mon fort,je m'en méfiais,surtout

des pucelles.De plus j'ai horreur de tous les laitages qui me rappellent les moments pénibles où

ma  mère voulait encore me donner le sein alors que j'avais quatre ans.Quant  au miel,pour

moi c'est du  vomi d'abeille qui me donne la  nausée,sauf  quand  il enrobe les  gâteaux de  fête,

je ne sais pas   pourquoi

Mais tout cela devait changer par un beau soir d'été  où,comme chaque jour,je rencontrais Salem

qui était toujours sur ma route comme par un fait exprés.Il m'invita à boire un thé à la menthe et

aux pignons dans ce qu'il appelait sa "petite maison d'Allah".En fait,c'était une trés belle villa.J'ai

demandé à Salem d'où venait l'argent du loyer et pourquoi il  n'avait pas choisi,pour la vue,

l'étage élevé d'un bel immeuble.Iln'a pas  répondu à ma première  question.A la seconde,ce fut

pour me  faire savoir qu'en signe d'humilité un bon musulman ne doit pas se loger plus haut que

la plus haute coupole de la

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né par ces trés belles paroles.Les femmes n'étant pas mon fort,je m'en méfiais,surtout des

Posté par HenriVray à 19:43 - Commentaires [0] - Permalien [#]


qu'aux jeunes comme moi ou aux athées mais à tous  les infidèles pourvu  qu'ils prononcent les mots

sacrés aprés s'être fait circoncire.C'est alors seulement  qu'il me délivra et que j'ai pu rentrer chez

moi en gueulant,en pleurant,en soutenant mes tripes,les cuisses pleines de sang séché.

Quelques années plus tard j'ai fait la connaissance d'un jeune pakistanais qui venait de Birmingham.

Quand je  lui ai demandé pourquoi il était venu à  Issy,il m'a répondu que c'était en touriste,cequi m'

a étonné vu le charme de nos grands ensembles.Nous avons beaucoup marché en parlant de la

circoncision comme de vrais  adultesI.Il  était trés  savant et m'a expliqué que bientôt  elle serait

universelle.Déjà 4O% des  suisses et des  chrétiens   britanniques la pratiquaient sans craindre

d'être confondus avec des juifs ou des musulmans et ça se  faisait aussi chez 7O% des améri-

cains et IOO% des chrétiens coptes d'Egypte.Bientôt ce serait tout le globe terrestre car c'était

la résurrection,pacifique mais efficace,de l'Islam des conquêtes.

Un jour,je me  baladais  seul,mains  dans les poches de mon survêt' de  luxe en me demandant

ce que j'allais bien pouvoir faire de ma putain de journée,car je n'avais pas envie d'aller voler.

Soudain j'ai entendu derrière mois un pas précipité et une voix  essoufflée qui  criait"stop!

Astenna Bibi!".C'était mon pakistanais,accompagné d'un drôle de type à longue  barbe noire,

vêtu d'une sorte de chasuble aussi blanche que la  calotte qu'il avait sur la  tête.Il avait le teint

clair et même pâle,un teint qu'on ne voit jamais  dans les grands ensembles.Au début il m'a

amusé,avec son air renfermé,avec sa barbeet sa  camisole qui le faisaient ressembler à un

essaim de mouches tombé dans une  tasse de lait.Le pakistanais nous présenta l'un à l'autre.Il

s'appelait Salem et nous nous sommes embrassés à la  mode arabe,épaule contre épaule.Le

pakistanais disparut aussitôt et nous nous sommes promenés,au début sans parler,en nous

tenant par le petit doigt,ce que j'ai tout de suite trouvé trés sympa.Puis,aprés avoir dépassé le

terrain de foot où,au lieu d'être en classe,des gamins de couleurs différentes s'acharnaient à

jouer à Zidane en se faisant des passes,parfois à soi-même,des  crochets et des passements de

jambe,Salemme prit doucementpar le bras en me disant"laisse  ces idiots!Ils seront peut-êtreun

jour  pleins d'argent mais ils n'auront jamais les vraies richesses,celles qui viennent de la  Foi,

celles qui s'offrent au bon musulman.J'ai des choses à te dire,des choses bien plus intéressantes

que de taper du pied dans un morceau de cuir.".A cet  instant son front se fissura de rides 

comme le sol  aprés un tremblement de terre.Ses yeux brillaient d'un feu intérieur,comme les

braises d'un kanoun que le vent attise..Je trouvais un peu bizarre qu'il m'appelle sans arrêt "fils"

ou "frère",puis je me dis que ça devait  être l'usage,là d'où il venait,ce que je ne savais pas

encore.Il parlait beaucoup,trés bien,en fixant la pointe de ses babouches,avec des gestes qui

me rappelaient ceux du prêcheur dans le minbar,comme  je l'avais vu faire à la  Grande Mosquée

de Paris,la  seule fois où  j'y ai accompagné mon père.Il finit parme dire qu'il venait du Yémen,un

pays  trés pauvre mais  de grande foi.Il affirmait que,bien aprés la fin du colonialisme officiel,

l'Occident   traitait les musulmans comme des chiens,exploitait honteusement leurs richesses;les

bafouait et les méprisait.Ilfallait rendre coup pour coup,se  venger  en faisant le Djihad.Ce n'était

pas,comme le prétendent les soufis,ces médiocres trop tièdes,presque des traîtres,une lutte

intérieure du musulman contre ses  mauvais penchants  ou ses instincts pervers,mais  un combat

armé,prôné par les  salafistes  qui veulent que tout soit réglé par le Coran et la   Charia et que

soientà nouveau soumis,"d'himis",ceux qui pendant des siècles aprés de funestes croisades

qui n'avaient jamais pris fin,ceux qui avaient persécutés les disciples du Prophète..Les chiens,

c'esr chez  les roumis qu'ils se trouvaient.

Les traits de Salem s'étaient alors froissés dans un affreux rictus.Il crachait par terre en signe de

mépris.Alors qu'il n'avait pas l'air d'être beaucoup plus vieux que moi,il  me semblait presque

aussi "chibani"(vieux) que mon père.Brusquement,il dût avoir trés chaud car de pâle il était

devenu aussi rouge que la harissa du couscous.Il ôta  sa calotte et j'eus devant moi   un mont

chauve,le crâne nu d'un

Posté par HenriVray à 16:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]

aménageurs.Avec mes copains j'y avais fondé une seconde famille.Aprés avoir tapé les étrangers

on s'y battait parfois,car elle était bien virile.Pourtant personne n'avait l'air de voir que mon sexe

hésitait entre le taffar et le tahan.

En dehors de l'image de mon père accroupi dans sa prière je n'ai eu avant de faire mes douze ans

aucun  contact avec la  religion de mes ancêtres,car  dans le coin aucune mosquée ne pointait son

minaret.Pour l'Aïd je me  bornais à me bourrer de cornes de gazelle,de  makrouds et  de zlabias,et

à  déguster en famille le mouton que mon père n'égorgeait plus sur le balcon,bien conscient pour

qu'il soit halal,en souvenir d'Abraham,un nom juif qui n'était celui d'aucun de mes potes.En effet,la

police de  proximité  était venue pour qu'il  arrète  cette  pratique dégueulasse,aprés une plainte

de  la  portugaise qui en avait  marre de voir du sang couler sur les tomettes de son balcon.

Mais  cet âge fut celui de ma circoncision.

Tout  s'est passé dans une cave de l'immeuble,celui-là même où avaient  lieu les  tournantes

J'ai été présenté à un type tout  ce qu'il y avait lieu de quelconque,un immam autoproclamé dont

je  neconnaissais pas  cette spécialité,vu que c'était le successeur de mon père dans sa boutique

d'épicier  rachetéepour  une bouchée de pain..Il m'expliqua les obligations et les interdits de l'

Islam,ainsi que les symboles.D'abord la prière que le bon musulman doit faire cinq fois par jour

tourné vers la Mecque,un endroit  dont j'entendais parler pour la première fois.Puis la propreté

qui impose les  ablutions  qu'on doit faire,même avec le sable du  désert s'il n'y a dans le coin

aucune oasis,pas plus que de puits ou d'eau courante au robinet.Quand on va  aux toilettes,me

dit-il,il  faut toujours se torcher de la main gauche car la droite doit rester pure pour servir les

invités qu'Allah nous envoie et rouler la boulette de couscous.Il  racontait tout ça avec des intona-

tions bizarres qui ressemblaient à celles du muezzin,en brandissant bien haut  un livre trés mince

à la couverture gravée d'or ,sans doute un Coran,et un gros bouquin qu'il m'a dit être le recueil

des interprétations des Docteurs de la Loi.Il avait l'air sérieux,comme un Pape,mais tout ça me

faisait rigoler en dedans,au point d'être obligé de réprimer un fou-rire,celui d'un buveur de pastis

bien tassé avecdes rondelles de saucisson,qui ne se gêne pas pour manger,boire et fumer bien

avant que ne  tonne le canon de la fin du Ramadan.Enfin,je faisais comme les  filles,je   ne sortais

jamais du petit coin sans faire un détour par la salle de bains pour me  laver les fesses et les

mains.Mais j'ai beaucoup moins ri  quand il  a sorti des plis de sa gandoura le  grand couteau

bien affûté qu'il aiguisa un peu  plus  sur une marche d'escalier.Cet instrument,m'expliqua-t-il,

allait faire de  moi un vrai musulmqan,un fidèle serviteur d'Allah en supprimant la partie femelle de

mon petit zobi.Il tira sur le  prépuce qu'il trancha d'un coup vif,aussi rapide que l'éclair.Déculotté,je

me suis penché en avant,cassé en deux par une épouvantable douleur,lorsque je l'ai entendu

 dire en bon français,"Merde,j'ai oublié de l'anesthésier!".Puis,contemplant mes fesses à  l'air et

mon anus béant,il me demanda si par hasard je ne serais pas tapette,pendant que je me deman

dais quel salaud de ma  bande avait bien pu le révéler.Je n'ai pas répondu et,comme si ça n'avait

rien d'extraordinaire,ilparla d'autre chose,surtout de ma profession de foi,de ma chéhada qui me

ferait témoigner de l'existence de Dieu.Elle consistait à répéter trois fois"Allah Akbar,Allah Il Allalh

Allah Ou Akbar,Ou Mohamed  Rassoul Allah",à genou,comme mon père,avec les mains ouvertes

vers les cieux en signe  de soumission,ce qui est  le sens même du mot Islam,dans la  posture

de l'oeuf des champions de ski que j'avais vus à la  télé pour les jeux olympiques d'hiver.Ces^

simples mots me feraient entrer pour toujours dans la  Communauté  des fidèles,l'Oumma,une

immense  nébuleuse toujours en expansion comme  l'Univers qui recouvrirait un jour toute la

terre grâce au Djihad.Elle n'

Posté par HenriVray à 10:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]

Jamais je ne suis tombé assez bas pour chercher à travailler pour ramener à mon père les quelques

euros  qui auraient enrichi la  chorba de la marmite culotée ou permis   d'acheter le couscous   de

précuit  de chez Ferrero en lui évitant de rouler tous les jours la semoule grossière  qui était l'ordi-

naire de la famille,ou de dispenser mes parents de la  corvée humiliante  d'aller faire la clôture des

marchés en plein air,quand les marchands repliaient leurs tréteaux,juste avant le passage de l'arro-

seuse municipale,les légumes   et les fruits à moitié pourris destinés à la poubelle;de faire le "profil

bas " pour récupérer chez le boucher halal les déchets de mouton dont personne n'avait voulu,en

étant accueilli   par le sourire méprisant de celui qui,c'était un comble,était lui aussi un ancien

harki.

Oh,on n'était pas dans la misère et au moins on avait la paix,comme  disait ma mère,qui nous

racontait ce que lui avaient dit  d'autres commères en hijab,sur le palier,au sujet des atrocités

qu'elles avaient  vues au bled pendan  leurs vacances.Mon père semblait bien d'accord,en

hochant tristement la tête,comme s'il revoyait ce qu'il avait connu quarante ans plus tôt..

Parfois  je surprenais ce  croyant ffataliste,à genou,les paumes vers le  ciel dans   sa chambre

à coucher dont il avait chassé la marmaille,lorsqu'arrivait le vendredi.,jour  de repos.Pour moi c'

est le  dimanche qui était  jour de fête,celui oùj'allais dans les beaux quartiers,sur un scooter

volé par un copain,pour arracher à la volée leurs sacs Vuitton à des bourges qui se rendaient

chez Picard ou Hédiart.Mais jamais je n'ai parlé de mes exploits à mes parents ,pasplus qu'ils

n'en ont   profité.Ils étaient si  heureux d'être en France,de n'être pas restés "là-bas" que jamais

je n'aurais osé gâcher leur joie.

J'étais le dernier des trois fils  aînés.On ne me surveillait pas et je pouvais  faire tout ce que je

voulais.Loin de "tenir le mur",comme je le voyais faire des jeunes d'Alger à la télé pendant le

voyage de Chirac à qui on réclamait à grands cris des visas pour la France,je portais des vête-

ments de marques et j'étais chaussé par Géox et Adidas.Tout ça venait d'un travail un peu spé-

cial.Mes  parents faisaient semblant de dormir  lorsque,à minuit passé,la clé de la porte d'entrée

tournait en silence dans la serrure en  livrant le passage à celui qui rentrait sur ses chaussettes

avec un petit sac gonflé à bloc des beaux billets qui venaient d'un trafic de coke ou d'héroïne.

C'est comme ça que ma vie s'écoulait,pas trop malheureuse entre  mes parents et mes cinq

frères et soeurs.Aucun n'avait trouvé d'emploi,peut-être à cause de leur accent de béton brut

qui   rappelait en  pire celui des pieds noirs.De leur teint qui  avait l'air d'avoir trop pris le soleil

dans cette région parisienne   pourtant bien humide.De leurs noms et prénoms qui  ne sentaient

pas la Vendée ni la Touraine.Bref,pour les français de France qui nous assimilaient à des cafards

nous  n'étions que des crouillats,au mieux des cailleras,comme disaient aussi les keufs.

Mais j'aimais bien ma cité,et j'en étais pas peu fier,avec  sasalle de  sport dernier cri où il n'y avait

que des boxeurs,son beau nom de musicien classique censé favoriser l'intégration,malgré ses

murs  tagués à perpète,ses boîtes aux lettres défoncées qui n'avaient jamais la viisite du facteur,

ses ordures qu'il fallait brûler faute d'avoir été ramassées.Elles faisaient le  bonheur des rats,

des chats efflanqués,des chiens sans collier,et même des renards et des cochongliers sortis de

ce qui restait de la forêt aprés le p

 

Posté par HenriVray à 07:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 juin 2012

monté sur le toit,on distinguait au loin la Tour Eiffel.Mais ça  n'avait pas  duré longtemps,le petit

commerce  était tombé en faillite et mon  père était devenu un ouvrier clandestin du bâtiment tout

juste bon à entasser les parpaings,chômeur deux jours sur trois.

Ma mère est une oranaise du village nègre qu'on appelle comme ça je  ne  pas pourquoi  car  elle

a  la peau aussi  blanche que du  lait de  chamelle,une bête que  je n'ai vue  qu'au cirque ,le lait

le plus blanc d'aprés l'oncle Ahmed qui dirait n'importe quoi  pour faire son intéressant.En toutcas

elle  n'a  pas le cheveu   plus noir qu'Amalia,la pourtugaise du quinzième,à l'étage au-dessous.Je

m'en suis aperçu,un matin,le  seul,où elle   s'était levée en oubliant de nouer sonhijab.Ce village

"nègre" doit être un souvenir de l'époque des Deys de Turquie qui entassaient leurs esclaves d'

Afrique noire dans un quartier insalubre.Que dire d'autre de  ma mère,sinon qu'elle  était douce

et gentille,qu'elle se conduisait en servante de son mari et de  ses trois fils et qu'elle faisait bien

la cuisine.Son seul défaut était d'être trop bavarde,un travers que j'ai hérité.

Mes parents se sont  connus à Issy-les - Moulineaux.C'est là  que je suis né,dans un des grands

ensembles qui n'ont   de "cités" que le nom si l'on entend  par là les vraies villes,celles qu'

habitent les français depuis plusieurs générations,celles où il  fait bon vivre avec leur Centre,leurs

avenues ombragées,leurs restos et leurs cinémas.Moi,si je suis né français,,c'est à cause de  la

double naissance en France,dont celle de mon père,né  dansl'Algérie de Papa,mais j'ai bien peur

que ce  soit uniquement pour la carte  d'identité.En tout cas ce grand ensemble n'avait rien d'une

vraie ville.Les  seules distractions  étaient le terrain de foot et une maison de la culture où des

acteurs minables jouaient parfois des pièces d'avant-garde auxquelles je  ne comprenais rien.

C'est aussi à  Issy qu'a eu  lieu le mariage de mes parents qui avaient été présentés l'un à l'autre

par des matrones.Il s"est déroulé dans la bonne  tradition arabe.Il y avait toute une smala.Les

homme marchaient  devant dans leurs djellabas neuves où quelques anciens combattants de

Cassino avaient accroché leurs médaillesLes femmes  étaient derrière,hululant des you-yous

de leur agile langue pointue comme devaient  le faire,pour attirer le client  en poussant le cri du

loup,aux sombres limites de la ville,les putes de Pompéi.Au milieu la mariée  trônait   sur une sorte

de  palanquin porté à bras d'homme.Elle était bien raide ssous sa coiffure empesée,les mains

rougies au henné,les yeux tartinés de kohl,avec un collier où pendait une main de fatma.Elle

devait étouffer enplein mois de  juillet sous une lourde étoffe damassée,rehaussée de broderies

de fils  de simili-argent et de faux or  et de bijoux en toc.Elle  était inondée deparfum à   trois  sous

comme la  pute bon marché dont j'avais  un jour,sans succés,loué les services pour tester  ma

virilité  incertaine.

Tout ça je le sais par Chérif,l'aîné de mes frères,qui avait droit à un statut spécial  lui perrmettait 

de recevoir les confidences et les souvenirs de  notre père.C'est la tradition chez nous.Moi,de

la vie antérieure de mes parents je n'ai connu que cette "barre" qui de chocolaté n'avait que la

couleur de peau  de la plupart des locataires.Mais j"ai oublié de tout vous dire,à savoir que  ma

mère,au mariage,était  déjà empâtée,grasse à souhait pour le grand bonheur de mon père qui

lui a  fait six gosses en six ans,aprés ces noces qui se sont  achevées au tam-tam des derboukas 

dans le grand hôtel - restaurant du coin,le Marrakech..C'est tout juste si  les invités;avant  de

rentrer chez eux;n'ont pas exigé qu'on secoue à la fenêtre de la chambre nuptiale le  drap rougi

de la mariée..Quand ils sont passés à  la caisse;les époux se  sont aperçus qu'ils  étaient

endettés pour cinq ans;même en  n'offrant que des  gazouzes et de l'orangeade;à cause  de

l'orchestre oriental et d'une belle  danseuse  du ventre,une chrétienne qui travaillait unpeu

partout,mêmeen Egypte.C'est  l'addition qui a causé la faillite de mon père,cet homme  d'honneur

qui tenait à  être considéré par son entourage comme un bon  payeur.Mais je crois qu'il  aurait de

toutes façons connu la faillite,ce drôle decommerçant qui,àl'étal des tomates et des pommes,

laissait toujours le  client choisirl  les plus belles,celles de son "devant,en lui  laissant sur les

bras  les   plus moches,les invendables,celles de  son "derrière".C'était toujours comme  ça,il

laissait toujours choisir,mon brave type de  père.Quand  on lui demandait si mon  prénom,

Habib,se traduisait en français par Aimé ou bien par Désiré,il repondait toujours:"Ci com' ti

vô!  Cit o choix".

Chez moi on ne parlait qu'arabe  .C'était loin dêtre la  langue du Prophète;notre vocabulaire

était un mélange d'arabe,de berbère algérien,de français,avec une  pointe de sicilien..C'est cette

sorte de dialecte qu'on parlait aussi dans les entrées d'immeuble et sur les paliers des étages.

On y prenait  plaisir à faire peur aux petits vieux avec notre accent  de rhinocéros,en parlant

fort,en leur faisant des grimaces etmême en faisant semblant denous battre.Les têtes blanches

attendaient qu'on soit partis pour essayer de prendre l'ascenseur dont on avait déglingué la

machinerie rien que pour les embêter.C'est  là aussi qu'on  préparait un "coup" juteux et les

petits sachets blancs ou une expédition en règle pour  punir les blacks  de la cité à côté,ceux qui

nous faisaient  concurrence pour le bisness de la drogue ou nous dénonçaient à la police de

proximité pour avoirl'indulgence du tribunal pour  enfants.Enfin c'est notre langue bâtarde

qu'on employait pour morigéner(un joli mot qui me   plaît  bien)  nos petites soeurs en mettant

un peu de plomb dans leurs têtes sans cervelle.Y'en avait qui avait des  jupes,toujours noires

comme si elles étaient en deuil  de leur pucelage,si courtes qu'en se baissant elles montraient

leur cul,sans parler des bazouls,ces petits nichons qui avaient l'air de vouloir s'envoler des

soutien-gorges en toile d'araignée..Parfois ça se terminait par une râclée  dans le local à

poubelles,à coup de manches à balais ou de battes de base-ball,jusqu'à ce qu'en chialant

elles  demandentqu'on arrête.Un jour il y a eu une morte:celle qui a été brûlée vive par un copain

dont elle  ne voulait plus.C'était  encore plus grave  que le jour où le gardien d'immeuble a

prévenu les keufs que,dans une cave,une "tournante" tournait mal parce que la fille  avait bien

voulu  pour  le premier mais pas  pour  les suivants qui avaient  pris la file à l'extérieur.

Comme tous mes copains,saut le  fayot  à qui un vieil   instit' socialiste a   prédit qu'il  serait un

jour ministre de la République,j'ai été un trés mauvais élève dés lecours préparatoire.Elle ne

dira pas le contraire ,la petite blondasse qu'on a envoyée  en congé de six mois pour dépression

aprés seulement huit jours de classe,un  record paraît-il..Pendant qu'elle écrivait au tableau,on

rotait,on pétait,on faisait des grimaces dans son dos.Certains faisaient même semblant de se

branler au fond de la classe  ou lui faisaient des "doigts".D'autres la raccompagnaient au bus

en prétendant la protéger.On espérait être débarrassé pour toujours de ces  pourris d

'

 

instit'.Hélas,ça a été une autre paire de manches avec  le remplaçant,un karatéka velu comme

un ours.Avec la bénédiction des parents il a envoyé au tapis deux ou trois de ceux des quarante

zèbres qui  couraient moins vite que lui.

A seize ans a pris fin ma scolarité obligatoire.J'y suis resté fidèle jusqu'au C.M.2.  lorsque l'école

m'a plaqué plus que  je l'ai quittée,sachant tout juste lire,écrire et compter sur mes doigts,sans

être capable  de résoudre une fraction ni de faire une règle de trois.Mais c'est  pas  pour ça que

je suis allé plus  loin que Alif,Bâ,Tata ou Ouahed,Zouj,Tléta.Bien que je sois assez costaud pour

rouler des mécaniques,je n'ai réussi dans aucun sport.Je  trouvais ça  trop fatigant.Pas davan-

tage dans le  rap ou le  slam,trop virils pour ma voix de flûte.Dés que j'ai eu fini d'emmerder mes

maîtres la rue m'a repris à plein temps car c'était mon élémént naturel,mon "liquide amniotique"

d'aprés le psy àl'air cinglé à qui m'avait envoyé cette conne d'infirmière scolaire,en désespoir de

cause..J'ai traîné un peu partout où il y avait à se faire du fric,du flouze,du pèze,surtout aux

Champs.Ils me fascinaient tant,le soir,avec leurs vitrines flamboyantes,que je me  mettais souvent

dans la queue des manifs  pour me servir aprés avoir cassé les vitrines à coup de pieds.Mais le

plus  souvent c'est pas trés loin de chez moi,au cas où  il me faudrait opérer un repli stratégique

que je "travaillais" en chapardant dans les grandes surfaces sous le nez de vigiles assez cons

pour confondre un gamin trop bien sapé avec un client.J'en ai mis  le feu,à des voitures,le

samedi soir,parfoisà la demande des  propriétaires qui voulaient toucher l'assurance et,en

attendant,me donnaient un beau pourboire.Surtout pour les fêtes chrétiennes de fin d'année

qu'il fallait bien célébrer par un grand feu d'artifice.J'en ai caillassé,des docteurs,des  infirmiers,

des  pompiers et des keufs,pour  les empêcher de faire leur boulot,uniquement pour m'amuser

Surtout  les  keufs,parce qu'ils  avaient la sale manie,passé minuit,de me demander mes papiers

aprés une toute petite émeute où ces femmelettes n'avaient eu que quelques blessés,parce que

jj'avais remonté ma capuche pour ne pas prendre froid,comme je l'avais promis à ma mère et

je le leur expliquais.

 

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15 juin 2012

BIBI,PETIT KAMIKAZE DES GRANDS ENSEMBLES

Je m'appelle Habib.C'est comme ça que je suis inscrit   à  l'Etat civil,registre des naissances et que je le serai à celui   des

décés,trés bientôt.C'est en effet aujourd'hui,vers midi que je me  suis fait sauter avec une bombe artisanale  talibane,à

des milliers de kilomètres de chez moi.Jusque-la on m'appelait Bibi,c'était le gentil surnom qu'avaient imaginé  mes chers

parents pour que j'aie l'air bien français.Au début je l'avais trouvé ridicule  en apprenant d'un copain que,dans le temps,un

bibi était le petit chapeau que portaient les vraies françaises qui avaient renoncé à se coiffer "à  la  belle poule"  pour adopter

une sorte de poulailler plein de salade,de fleurs et d'oiseaux de paradis,une vraie jardinerie en balade.Puis j'ai changé d'avis

vers l'âge de quinze ans j'ai trouvé dans une benne à ordures ce petit galurin qui m'a valu le  succés au bois de  Boulogne

lorsque,en bas  résilles,le décolleté bien ouvert et le  short provoquant,j'intéressais les amateurs de petites fesses rondes

et de  croupes ondulantes.Mais avant   de vous parler de ma vie et de  ma mort,il faut que je vous  présente ma famille

Posté par HenriVray à 15:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]