25 juin 2012

qu'aux jeunes comme moi ou aux athées mais à tous  les infidèles pourvu  qu'ils prononcent les mots

sacrés aprés s'être fait circoncire.C'est alors seulement  qu'il me délivra et que j'ai pu rentrer chez

moi en gueulant,en pleurant,en soutenant mes tripes,les cuisses pleines de sang séché.

Quelques années plus tard j'ai fait la connaissance d'un jeune pakistanais qui venait de Birmingham.

Quand je  lui ai demandé pourquoi il était venu à  Issy,il m'a répondu que c'était en touriste,cequi m'

a étonné vu le charme de nos grands ensembles.Nous avons beaucoup marché en parlant de la

circoncision comme de vrais  adultesI.Il  était trés  savant et m'a expliqué que bientôt  elle serait

universelle.Déjà 4O% des  suisses et des  chrétiens   britanniques la pratiquaient sans craindre

d'être confondus avec des juifs ou des musulmans et ça se  faisait aussi chez 7O% des améri-

cains et IOO% des chrétiens coptes d'Egypte.Bientôt ce serait tout le globe terrestre car c'était

la résurrection,pacifique mais efficace,de l'Islam des conquêtes.

Un jour,je me  baladais  seul,mains  dans les poches de mon survêt' de  luxe en me demandant

ce que j'allais bien pouvoir faire de ma putain de journée,car je n'avais pas envie d'aller voler.

Soudain j'ai entendu derrière mois un pas précipité et une voix  essoufflée qui  criait"stop!

Astenna Bibi!".C'était mon pakistanais,accompagné d'un drôle de type à longue  barbe noire,

vêtu d'une sorte de chasuble aussi blanche que la  calotte qu'il avait sur la  tête.Il avait le teint

clair et même pâle,un teint qu'on ne voit jamais  dans les grands ensembles.Au début il m'a

amusé,avec son air renfermé,avec sa barbeet sa  camisole qui le faisaient ressembler à un

essaim de mouches tombé dans une  tasse de lait.Le pakistanais nous présenta l'un à l'autre.Il

s'appelait Salem et nous nous sommes embrassés à la  mode arabe,épaule contre épaule.Le

pakistanais disparut aussitôt et nous nous sommes promenés,au début sans parler,en nous

tenant par le petit doigt,ce que j'ai tout de suite trouvé trés sympa.Puis,aprés avoir dépassé le

terrain de foot où,au lieu d'être en classe,des gamins de couleurs différentes s'acharnaient à

jouer à Zidane en se faisant des passes,parfois à soi-même,des  crochets et des passements de

jambe,Salemme prit doucementpar le bras en me disant"laisse  ces idiots!Ils seront peut-êtreun

jour  pleins d'argent mais ils n'auront jamais les vraies richesses,celles qui viennent de la  Foi,

celles qui s'offrent au bon musulman.J'ai des choses à te dire,des choses bien plus intéressantes

que de taper du pied dans un morceau de cuir.".A cet  instant son front se fissura de rides 

comme le sol  aprés un tremblement de terre.Ses yeux brillaient d'un feu intérieur,comme les

braises d'un kanoun que le vent attise..Je trouvais un peu bizarre qu'il m'appelle sans arrêt "fils"

ou "frère",puis je me dis que ça devait  être l'usage,là d'où il venait,ce que je ne savais pas

encore.Il parlait beaucoup,trés bien,en fixant la pointe de ses babouches,avec des gestes qui

me rappelaient ceux du prêcheur dans le minbar,comme  je l'avais vu faire à la  Grande Mosquée

de Paris,la  seule fois où  j'y ai accompagné mon père.Il finit parme dire qu'il venait du Yémen,un

pays  trés pauvre mais  de grande foi.Il affirmait que,bien aprés la fin du colonialisme officiel,

l'Occident   traitait les musulmans comme des chiens,exploitait honteusement leurs richesses;les

bafouait et les méprisait.Ilfallait rendre coup pour coup,se  venger  en faisant le Djihad.Ce n'était

pas,comme le prétendent les soufis,ces médiocres trop tièdes,presque des traîtres,une lutte

intérieure du musulman contre ses  mauvais penchants  ou ses instincts pervers,mais  un combat

armé,prôné par les  salafistes  qui veulent que tout soit réglé par le Coran et la   Charia et que

soientà nouveau soumis,"d'himis",ceux qui pendant des siècles aprés de funestes croisades

qui n'avaient jamais pris fin,ceux qui avaient persécutés les disciples du Prophète..Les chiens,

c'esr chez  les roumis qu'ils se trouvaient.

Les traits de Salem s'étaient alors froissés dans un affreux rictus.Il crachait par terre en signe de

mépris.Alors qu'il n'avait pas l'air d'être beaucoup plus vieux que moi,il  me semblait presque

aussi "chibani"(vieux) que mon père.Brusquement,il dût avoir trés chaud car de pâle il était

devenu aussi rouge que la harissa du couscous.Il ôta  sa calotte et j'eus devant moi   un mont

chauve,le crâne nu d'un

Posté par HenriVray à 16:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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