26 juin 2012

Je sentis mon coeur battre comme une darbouka entre les doigts d'un gnaouïa.Je frissonnais de

tout mon être comme si j'avais froid.Brusquement nos bouches se joignirent et nous avons arraché

nos vêtements.C'est alors qu'il me retourna comme une crèpe son bras puissant,puis me  pénétra

d'abord trés doucement puis trés vigoureusement.Tout le reste suivit,que ma pudeur presque fémi-

nine m'empêche de raconter,pour peu que je m'en souvienne car j'étais dans les  vap's.Nous étions

allongés sur  le dos comme des soldats morts aprés la bataille ou des frères siamois,lorsque,dans

un sourire,les  yeux battus,il me dit comme pour m'allècher:"Tu verras,le Paradis,c'est encore 

mieux!".C'est alors qu'il m'a confié ce qu'il ne m'avait jamais dit.Malgré sajeunesse il était un émir

de la Base.Al Qaida,aprés des cours accélérés de langues;l'avait envoyé en Europe pour  

re cruter ,surtout en  Grande-Bretagne et en France,là où il y avait beaucoup d'enfants d'immi-

grés qui peuplaient les banlieues des jeunes  qui seraient prêts à partir pour l'Afghanistan  et

donner un coup demain aux talibans.

Un mois  s'écoula sans mettre le nez dehors,sauf pour acheter des surgelés;à faire l'amour

comme des dieux;à réciter le Coran entre deux étreintes.Je sentais monter en  moi,plus vif

chaque jour,mon amour pour Salem qui se confondait avec l'amour  d'Allah.Comme chez les

chrétiens,Salem devenaitmon Dieu incarné,mon Dieu vivant.Je cherchais sans cesse,comme

une bête,le contact de son corps d'athlète où se dessinaient des muscles fins d'aristo.Je buvais

sa parole douce alternant avec des mots de feu.Un  jour,aprés une séance particulièrement

mouvementée,il me dit sur le ton de la confidence:"Sais-tu d'où vient magrande forme?C'est de

l'entraînement que j'ai suivi dans les zones tribalesdu Pakistan,là où les talibans sontl  les

maîtres,dansun camp de guerriers du Djihad.J'y ai tout appris:les marches forcées dans des

déserts de pierres,le close-combat,le maniement des armes et même comment égorger  sans

bruit un mécréant en lui tranchant la nuit la carotide pour lui faire le "sourire kabyle",comme le

faisaient au tempsde ton père  les glorieux fellagas avec ces  salauds de harkis.Mais on m'a

interdit de faire le kamikaze parce que je suis trop intellligent pour mourir dans un attentat-suicide

et plus doué pour le  recrutement et la propagande que pour l'action directe.Ce n'est pas ton

cas,mais tu as le  choix entre  croupir dans ta banlieue sinistre et mourir  pour la gloire d'Allah".

Ce "choix" me rappelait mon père l'épicier,mais cette fois il ne s'agissait pas de pommes  ni de

tomates.Il fut fait dans l'heure et je le dis  à  Salem.Il m'embrassa et  et m'informa qu'avant le

sacrifice suprême il fallait que je fasse un petit stage dans une médersa pour  affermir un peu

plus ma foi.

La semaine d'aprés,acompagné jusqu'aucar par mon cher Salem,je me suis embarqué pour le

Pakistan,déguisé en touriste et le portefeuille  bourré de dollars,avec pour  terminus Islamabad

.où se rendaient aussi d'autres jeunes  de banlieue et même Alain,alias Mansour,un abruti de

catho converti. depuis peu.Pendant tout le voyage j'ai embrassé sur mon I-pad le visage de mon

beau,de mon cher Salem,comme une précieuse amulette qui m'aiderait  à supporter ce qui

m'attendait;à masquer un peu l'odeur forte de mes compagnons.A la médersa,un bâtiment

délabré où iln'y avait pas de corvée de ménage,je ne me suis pas mêlé à la  bande de morveux

qui récitaient le Coran en faisant un boucan pas possible,en se balançant comme  les juifs au

mur des lamentations.Dés que le directeur m'a juge assez instruit et mûr  pour le  Djihad j'ai été

embarqué dans un vieux camion réservé à cet usage,avec d'autres qui avaient l'air encore

plus cons que moi.Arrivé àKaboul,j'ai  été  pris en  charge par des talibans ,tous barbus,aux

allures de bêtes  féroces,des étudiants qui n'avaient rien à apprendre du mode d'emploi de la

kalachnikov.En quelques mots trés simples qui avaient l'air de  sortir du manuel du soldat de

la Kapissa,on m'expliqua ce qu'onattendait de moi:tuer le plus de monde  possible avec une seule

charge d'explosif,car  il fallait l'économiser.La seule chose qui fit débat dans une assemblée de

chefs dontune tarte épaisse ornait la tête fut le mode d'emploi.Cerains voulaient que je  la cache

dans le béret afghan,mais elle était trop  grosse et ça risquait d'éveiller les soupçons.Aprés  un

comptage trés démocratique des voix,une majorité se dégagea pour que je la  fixe avec un fil

élecrique au cadre   d'un vieux vélo qui paraîtrait inoffensif,en reliant le détonateur à la  sonnette

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